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Table Step

Le « step » ou la première étape difficile à franchir avant toute démarche.

 

Longueur   140 cm

Largeur        80 cm

Hauteur        31 cm

Table basse khabia

Epurée à son strict minimum, elle porte la jarre ancestrale en terre cuite.

Bois hêtre laqué blanc.

Longueur  125.5 cm

Largeur      38.5 cm

Hauteur     49.5 cm

Chumbo ! Le nom fait sourire !

D’entrée de jeu, cet ensemble de créations inspirées de cet improbable végétal est placé sous le signe de la fantaisie.

Ou comment des banquettes, des chandeliers, des tables ou une foule d’objets petits et grands, dansent sur le pied de l’humour, et prêtent leur originalité au quotidien.  Chumbo est d’abord une proposition jubilatoire, même s’il ne va pas sans épines. Mal aimée, cette cactée (Opuncia ficus indica) évoque l’aridité poussiéreuse, quelque chose d’ingrat voire d’hostile.  Elle suggère aussi des états immémoriaux, une sorte de préhistoire du végétal. On ne la voit même plus tant elle est répandue aux bords des chemins et dans les douars.  Le fruit est urticant au dehors : les Anglais l’appellent prickly pear (la poire piquante) il est charnu et grenu au dedans.

Chumbo a plusieurs noms, plusieurs facettes. Les Aztèques parlaient de nopal ; et ce n’est pas un hasard si on l’appelle

Figuier de Barbarie : de quoi lever tout un paysage mental,rude, coriace et fier, sur fond de résistance et de survie.

Mais ce sont justement ces connotations oscillant entre rudesse et trivialité qui sont ici totalement subverties — ou comment fabriquer du singulier avec du banal et du précaire.  Les épines ? Elles peuvent orner le patchwork d’une tapisserie, des chenets ou une patère.  Le grain du fruit ? Il ponctue un pouf : joliment tavelé, le fruit offre sa rondeur coquette et ses teintes de chair.  La pauvreté ?  C’est d’abord celle du regard qui s’aveugle au familier, et refuse de considérer ce qui se donne à fleur d’évidence. Mais ce sont surtout les formes et la silhouette de la plante qui ont soulevé l’intérêt de Sophia Tazi : la raquette ovoïde de Chumbo, sa manière de « faire rhizome » et de proliférer dans le désordre par colonies ; emmêlements hérissés et touffus et grappes aplaties, ses contours organiques en oreilles.  Sa stylisation s’avère féconde.

Ces caractéristiques (la forme oblongue et plate, la répétition non linéaire et foisonnante) le sont déclinées dans toutes sortes de matériaux (fer, bois, textiles, miroir…) et d’usages pour des meubles poétiques ; paravents, tables ou pour de petits objets usuels porte-bouteilles, porte-documents.qui sont traités de manière mi- industrielle, mi – artisanale.

La découpe devient presque sensuelle sur une table basse, et ses courbes servent un pare-feu en grillage de fer noir qui du coup prend un petit air de pop art. Et, contre toute attente, Chumbo s’agence facilement : la banquette rappelle ce meuble qu’on appelle joliment une conversation, et elle peut être disposée en tous sens, et donc renouvelée à volonté. Cette variabilité, on la retrouve dans la table-gigogne avec ses trois plateaux : au jardin, elle pourra être déclinée en petites tables d’appoint.

Assemblée, elle fait, entre art et design, sculpture. Sophia Tazi a poussé son intérêt pour la plante jusqu’à mettre en scène ses derniers aspects : la résille desséchée que montre la raquette en fin de parcours, comme une mue de serpent abandonnée en chemin.  Une banquette tapissée est ornée sur toute sa largeur d’un lacis en passepoil qui tout en symbolisant le temps, va traîner au sol : ce qui est habituellement caché, devient apparent.

Pour Sophia Tazi, cette plante reflète le changement de l’Afrique ; continent tout en contrastes avec ses mutations, ses écarts et ses nécessités écologiques.  Elle laisse entendre l’évolution de fortune comme le renversement des valeurs.

 

La richesse aujourd’hui n’est plus d’avoir beaucoup mais de se contenter de peu.

Miroir Chumbo

Miroir sur contreplaqué
100 x 85 x 2 cm